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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 22:36

 

 

De cet écrivain si attachant qu’est Slawomir Mrożek (1930-2013), un petit conte quelque peu philosophique et qui prouve qu’une fois de plus bien des choses s’expliquent sans que l’on doive crier au mystère ou à l'invraisemblable…

 

 

EXPÉRIENCE

 

   Autrefois, j'aimais être assis sur mon balcon et observer la vie. Celle-ci m’intéressait.

   Jusqu’au jour où j’aperçus un passant qui boitait. De la jambe droite. Ce sont des choses qui arrivent.

   Au bout d’une heure, je le revis qui venait en sens inverse. Il continuait à boiter, mais cette fois de la jambe gauche. Ce sont des choses qui n’arrivent pas souvent.

   Lorsque, peu de temps après, je le vis passer sous mon balcon pour la troisième fois, boitant de nouveau de la jambe droite, je commençai à être étonné.

   Lorsqu’il repassa en boitant de la jambe gauche, je n‘y tins plus. Je sortis dans la rue en courant, le rattrapai et lui demandai poliment :

   – Excusez-moi de vous importuner, mais je vous observe et je ne vous comprends pas. Pourquoi boitez-vous une fois de la jambe droite, une fois de la jambe gauche ?

   – Moi ? C’est impossible.

   – Mais enfin, j’ai vu.

   – Vous m’avez vu, moi ?

   – J’ai tout de même des yeux.

   – Quand m’avez-vous vu ?

   – Pour la dernière fois, il y a environ une demi-heure.

   – Et où est-ce que j'allais?

   – Là-bas...

   Et je lui indiquai la direction d’où il était venu.

   – Ça y est, je l’ai ! s’écria-t-il, et il repartit dans cette direction en boitant.

   Je restai là dans la rue quelques instants à méditer sur ce mystère de la vie. je m’apprêtais à rentrer chez moi lorsque le boiteux surgit du côté où il avait disparu, boitant cette fois de la jambe droite. Oui, de la droite, le doute n’était pas permis, et plus de la gauche. Une fois encore de la droite. Et il passa près de moi comme si de rien n’était, comme s’il ne me connaissait pas, comme si nous n’avions pas discuté un instant auparavant.

   C'en était trop. Je lui tombai dessus et le saisis par le bras.

   – Ah, non alors! Cette fois, vous ne vous en tirerez pas comme ça ! Pourquoi vous remettez ça avec la droite maintenant ? Et puis, qu’est-ce que tout ça veut dire ?

   – Lâchez-moi ou j’appelle la police l

   – Eh bien, oui, mais faites donc ! Je suis membre de la société, or la société a droit à l’information ! Je vous traînerai en justice ! Il faut de la transparence, et si vous refusez de me dire ce qui se passe vraiment, je deviendrai fou et vous serez tenu pour responsable ! Vous devrez couvrir les frais de soins médicaux ! Vous devrez répondre devant la société !

   – Calmez-vous. Il y a de fortes chances pour vous ayez aperçu mon frère jumeau. On n’arrive pas à faire la différence entre nous et nous avons le même caractère. Nous nous sommes querellés ce matin, il m'a donné un coup de pied et m'a blessé à la jambe droite, alors moi aussi je lui ai donné un coup de pied et je l'ai blessé à la gauche. Ensuite je suis rentré chez moi prendre une hachette – ce disant, il sortit de sous son bras une belle hache, me la montra et la remit sous son bras –, et maintenant je le cherche, parce que nous n’avons pas terminé notre discussion. Mais je n’arrive pas à le trouver, parce que de toute évidence lui aussi me cherche, et nous n’arrêtons pas de nous croiser. Où est-ce qu’il a pu aller?

   – Là d’où vous venez.

   – Je vous remercie infiniment.

   Et il repartit.

   Moi aussi, je repartis, mais chez moi. Et plus sur le balcon désormais. Maintenant je suis assis dans ma cuisine, car plus rien ne m'intéresse spécialement. La vie est toute simple ; c’est seulement mon imagination qui la complique inutilement.

 

        Slawomir Mrożek, L’Arbre, traduit de polonais par André Kozimor

        Les Editions Noir sur Blanc

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 10:33

 

Profitons des commémorations pascales pour rappeler le petit récit publié par Alfred Jarry dans Le Canard sauvage des 11-17 avril 1903 et intitulé « La Passion considérée comme course de côte ». L’auteur d’Ubu roi s’y adonne à un burlesque iconoclaste des plus réjouissants :

 

Barrabas, engagé, déclara forfait.

Le starter Pilate, tirant son chronomètre à eau ou clepsydre, ce qui lui mouilla les mains, à moins qu'il n'eût simplement craché dedans – donna le départ.

Jésus démarra à toute allure.

En ce temps-là, l'usage était, selon le bon rédacteur sportif saint Matthieu, de flageller au départ les sprinters cyclistes, comme font nos cochers à leurs hippomoteurs. Le fouet est à la fois un stimulant et un massage hygiénique. Donc, Jésus, très en forme, démarra, mais l'accident de pneu arriva tout de suite. Un semis d'épines cribla tout le pourtour de sa roue d'avant.

On voit, de nos jours, la ressemblance exacte de cette véritable couronne d'épines aux devantures de fabricants de cycles, comme réclame à des pneus increvables. Celui de Jésus, un single-tube de piste ordinaire, ne l'était pas.

Les deux larrons, qui s'entendaient comme en foire, prirent de l'avance.

Il est faux qu'il y ait eu des clous. Les trois figurés dans des images sont le démonte-pneu dit « une minute ».

Mais il convient que nous relations préalablement les pelles. Et d'abord décrivons en quelque sorte la machine.

Le cadre est d'invention relativement récente. C'est en 1890 que l'on vit les premières bicyclettes à cadre. Auparavant, le corps de la machine se composait de deux tubes brasés perpendiculairement l'un sur l'autre. C'est ce qu'on appelait la bicyclette à corps droit ou à croix. Donc Jésus, après l'accident de pneumatiques, monta la côte à pied, prenant sur son épaule son cadre ou si l'on veut sa croix.

Des gravures du temps reproduisent cette scène, d'après des photographies. Mais il semble que le sport du cycle, à la suite de l'accident bien connu qui termina si fâcheusement la course de la Passion et que rend d'actualité, presque à son anniversaire, l'accident similaire du comte Zborowski à la côte de la Turbie, il semble que ce sport fut interdit un certain temps, par arrêté préfectoral. Ce qui explique que les journaux illustrés, reproduisant la scène célèbre, figurèrent des bicyclettes plutôt fantaisistes. Ils confondirent la croix du corps de la machine avec cette autre croix, le guidon droit. Ils représentèrent Jésus les deux mains écartées sur son guidon, et notons à ce propos que Jésus cyclait couché sur le dos, ce qui avait pour but de diminuer la résistance de l'air. Notons aussi que le cadre ou la croix de la machine, comme certaines jantes actuelles, était en bois.

D'aucuns ont insinué, à tort, que la machine de Jésus était une draisienne, instrument bien invraisemblable dans une course de côte, à la montée. D'après les vieux hagiographes cyclophiles sainte Brigitte, Grégoire de Tours et Irénée, la croix était munie d'un dispositif qu'ils appellent « suppedaneum ». Il n'est point nécessaire d'être grand clerc pour traduire : « pédale ».

Juste Lipse, Justin, Bosius et Erycius Puteanus décrivent un autre accessoire que l'on retrouve encore, rapporte, en 1634, Cornelius Curtius, dans des croix du Japon : une saillie de la croix ou du cadre, en bois ou en cuir, sur quoi le cycliste se met à cheval : manifestement sa selle.

Ces descriptions, d'ailleurs, ne sont pas plus infidèles que la définition que donnent aujourd'hui les Chinois à la bicyclette : « Petit mulet que l'on conduit par les oreilles et que l'on fait avancer en le bourrant de coups de pied. »

Nous abrégerons le récit de la course elle-même, racontée tout au long dans des ouvrages spéciaux, et exposée par la sculpture et la peinture dans des monuments ad hoc :

Dans la côte assez dure du Golgotha, il y a quatorze virages. C'est au troisième que Jésus ramassa la première pelle. Sa mère, aux tribunes, s'alarma.

Le bon entraîneur Simon de Cyrène, de qui la fonction eût été, sans l'accident des épines, de le « tirer » et lui couper le vent, porta sa machine.

Jésus, quoique ne portant rien, transpira. Il n'est pas certain qu'une spectatrice lui essuya le visage, mais il est exact que la reporteresse Véronique, de son kodak, prit un instantané.

La seconde pelle eut lieu au septième virage, sur du pavé gras. Jésus dérapa pour la troisième fois, sur un rail, au onzième.

Les demi-mondaines d'Israël agitaient leurs mouchoirs au huitième.

Le déplorable accident que l'on sait se place au douzième virage. Jésus était à ce moment dead-head avec les deux larrons. On sait aussi qu'il continua la course en aviateur... mais ceci sort de notre sujet.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 11:27

 

 

 Un passage magnifique du Livre du rire et de l’oubli de Milan Kundera : le récit d'un fou-rire s'emparant de tous ceux qui assistent à un enterrement.

 

   Il faisait du vent et c’était plein de boue. Le cortège funèbre s’était plus ou moins rangé en demi-cercle devant la fosse ouverte. Jan était là et il y avait presque tous ses amis, l’actrice Hana, les Clevis, Barbera et, bien entendu, les Passer : l’épouse avec le fils et la fille en larmes.

   Deux hommes aux vêtements râpés soulevèrent les cordes sur lesquelles était posé le cercueil. Au même moment, un personnage nerveux qui tenait une feuille de papier à la main s’approcha de la tombe, se tourna face aux fossoyeurs, leva la feuille et commença à lire à haute voix. Les fossoyeurs le regardèrent, hésitèrent un instant, se demandant s’ils devaient reposer le cercueil à côté de la tombe, puis ils commencèrent à le faire descendre lentement dans la fosse, comme s’ils avaient décidé d’épargner au mort l’obligation d’écouter un quatrième discours.

   L’orateur était déconcerté par la soudaine disparition du cercueil. Tout son discours était rédigé à la deuxième personne du singulier. Il s’adressait au mort, lui faisait des promesses, l’approuvait, le rassurait, le remerciait et répondait à ses questions supposées. Le cercueil arriva au fond de la fosse, les fossoyeurs retirèrent les cordes et restèrent modestement immobiles près de la tombe. Voyant que l’orateur les haranguait avec tant de fougue, ils baissaient la tête, intimidés.

   Plus l’orateur comprenait l’incongruité de la situation, plus il était attiré par les deux mornes personnages, et il dut presque se faire violence pour regarder ailleurs. Il se tourna vers le demi-cercle du cortège funèbre. Mais même comme ça, son discours écrit à la deuxième personne ne sonnait pas beaucoup mieux, car on avait l’impression que le cher disparu se cachait quelque part dans la foule.

   De quel côté l’orateur devait-il regarder ? Il contemplait avec angoisse sa feuille de papier et, quoiqu’il sût son discours par cœur, il gardait les yeux rivés sur le texte.

   Toute l’assistance cédait à une nervosité encore exacerbée par les rafales hystériques du vent. M. Clevis portait un chapeau soigneusement enfoncé sur son crâne, mais le vent était si violent qu’il le lui arracha et vint le déposer entre la tombe ouverte et la famille Passer qui était au premier rang.

   M. Clevis voulut d’abord se glisser à travers le groupe et courir ramasser son chapeau, mais il s’avisa que cette réaction pourrait faire croire qu’il attachait plus d'importance au chapeau qu’au sérieux de la cérémonie organisée en l’honneur de son ami. Il prit donc la décision de rester tranquille et de faire comme s’il n’avait rien remarqué. Mais ce n’était pas la bonne solution. Depuis que le chapeau était seul dans l’espace désert devant la tombe, le cortège était encore plus nerveux et tout à fait incapable d'entendre les paroles de l’orateur. Malgré sa modeste immobilité, le chapeau troublait beaucoup plus la cérémonie que si Clevis avait fait quelques pas pour le ramasser. Il finit donc par dire à la personne qui se trouvait devant lui excusez-moi, et il sortit du groupe. Il se trouva ainsi dans l’espace vide (semblable à une à petite scène) entre la tombe et le cortège. A ce moment le vent se remit à souffler, entraînant le chapeau un peu plus loin, aux pieds de l’orateur.

  Plus personne ne pouvait penser à autre chose qu’à M. Clevis et à son chapeau. L’orateur, qui ne savait rien du chapeau, sentit pourtant qu’il se passait quelque chose dans l’auditoire. Il leva les yeux de sa feuille et aperçut avec surprise un inconnu qui se tenait à deux pas devant lui et le regardait comme s’il s’apprêtait à bondir. Vite, il baissa de nouveau les yeux sur son texte, espérant peut-être que l’incroyable vision aurait disparu quand il les relèverait. Mais il les releva et l’homme était toujours devant lui et le regardait toujours.

   M. Clevis ne pouvait ni avancer ni reculer. Il trouvait inconvenant de se jeter aux pieds de l’orateur et lâche de s’en retourner sans son chapeau. Il restait donc là sans bouger, cloué au sol par l’indécision et tentait vainement de découvrir une solution.

   Il aurait voulu que quelqu’un lui vînt en aide. Il jeta un coup d’œil vers les employés des pompes funèbres. Les deux hommes étaient immobiles de l’autre côté de la fosse et regardaient fixement les pieds de l’orateur.

   A ce moment, il y eut une nouvelle rafale de vent et le chapeau glissa lentement vers le bord de la fosse. Clevis se décida. Il fit un pas énergique, étendit le bras et se baissa. Le chapeau se dérobait, se dérobait toujours, il était presque sous ses doigts quand il glissa le long du bord et tomba dans la fosse.

   Clevis étendit encore une fois le bras comme pour le rappeler à lui, mais il résolut tout à coup de faire comme si le chapeau n’avait jamais existé et comme s’il s’était lui-même retrouvé sans raison au bord de la fosse.

   Il voulait être absolument naturel et détendu, mais c’était difficile parce que tous les regards étaient fixés sur lui. Il avait l’air crispé ; il fit un effort pour ne voir personne et vint se ranger au premier rang où sanglotait le fils Passer.

   Quand le spectre menaçant de l’homme qui s’apprêtait à bondir eut disparu, le personnage à la feuille de papier retrouva son calme et leva les yeux vers la foule, qui ne l’entendait plus du tout, pour prononcer la dernière phrase de son discours. Se tournant vers les fossoyeurs, il déclara d’un ton très solennel : « Victor Passer, ceux qui t’aimaient ne t’oublieront jamais. Que la terre te soit légère ! »

   Il se pencha au bord de la tombe sur un tas de terre glaise où était fichée une petite pelle, il prit de la terre sur la pelle et s’inclina sur la fosse. A ce moment, le cortège fut secoué d’un rire étouffé. Car les gens s’imaginaient tous que l’orateur, qui s’était immobilisé avec la pelle de terre glaise à la main et regardait en bas sans bouger, voyait le cercueil au fond de la fosse et le chapeau sur le cercueil, comme si le mort, dans un vain désir de dignité, n’avait pas voulu rester tête nue pendant l’instant solennel.

   L’orateur se domina, jeta la terre glaise sur le cercueil en veillant à ce qu’elle ne tombe pas sur le chapeau, comme si la tête de Passer s’y dissimulait vraiment. Ensuite, il tendit la pelle à la veuve. Oui, il fallait qu’ils boivent tous jusqu’au bout le calice de la tentation. Il fallait qu’ils vivent tous cet effroyable combat contre le rire. Tous, y compris l’épouse et le fils qui sanglotait, il fallait qu'ils prennent de la terre glaise avec la pelle et qu’ils se penchent sur la fosse où il y avait un cercueil et, sur le cercueil un chapeau, comme si Passer, avec sa vitalité et son optimisme indomptables, voulait sortir la tête.

 

            Milan Kundera, Le Livre du rire et de l’oubli, Editions Gallimard

            Traduit du tchèque par François Kérel

 

Thème essentiel du livre, entrelacé à celui de l’oubli et à d’autres encore – la polyphonie thématique est, on le sait, un des piliers de l’art romanesque de Kundera –, le rire a deux visages : le rire « diabolique », celui qui nous vient du spectacle du désordre du monde, comme dans l’extrait que l’on vient de lire ; et le rire « angélique », extatique, que l’écrivain définit comme étant sans autre objet que de manifester son « bonheur d’être » :

 

   Vous connaissez certainement cette scène pour l’avoir vue dans des dizaines de mauvais films : un garçon et une fille se tiennent par la main et courent dans un beau paysage printanier (ou peut-être estival).Ils courent, ils courent, ils courent et ils rient. Le rire des deux coureurs doit proclamer au monde entier et aux spectateurs de tous les cinémas : nous sommes heureux, nous sommes contents d’être au monde, nous sommes en harmonie avec l’être ! C’est une scène stupide, un cliché, mais elle exprime une attitude humaine fondamentale : le rire sérieux, le rire au-delà de la plaisanterie.

   Toutes les églises, tous les fabricants de linge, tous les généraux, tous les partis politiques sont d’accord sur ce rire-là, et l’image des deux coureurs qui courent en riant apparaît sur leurs affiches où ils font la propagande de leur religion, de leurs produits, de leur idéologie, de leur peuple, de leur sexe et de leur poudre à laver la vaisselle.

 

Ceci encore, à propos des deux rires et donc de l’ange et du diable :

 

Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l’ange comme un combattant du Bien, c’est accepter la démagogie des anges. Les choses sont évidemment plus compliquées.

Les anges ne sont pas des partisans du Bien, mais de la création divine. Le diable est au contraire celui qui refuse au monde divin toute signification rationnelle.

La domination du monde, comme on le sait, anges et démons se la partagent. Pourtant, le bien du monde n’implique pas que les anges aient l’avantage sur les démons (comme je le croyais quand j’étais enfant), mais que les pouvoirs des uns et des autres soient à peu près en équilibre. S’il y a dans le monde trop de sens incontestable (le pouvoir des anges), l’homme succombe sous son poids. Si le monde perd toute signification (le règne des démons), on ne peut pas vivre non plus.

Les choses soudain privées de leur sens supposé, de la place qui leur est assignée dans l’ordre supposé des choses (…), provoquent chez nous le rire. A l’origine, le rire est donc du domaine du diable. Il a quelque chose de maléfique (les choses se révèlent soudain différentes de ce pour quoi elles se faisaient passer) mais il y a aussi en lui une part de bienfaisant soulagement (les choses sont plus légères qu’il n’y paraissait, elles nous laissent vivre plus librement, elles cessent de nous oppresser sous leur austère sérieux).

 

            Milan Kundera, Le Livre du rire et de l’oubli, Editions Gallimard

            Traduit du tchèque par François Kérel

 

Nous voilà, me semble-t-il, bien loin de Bergson qui, dans son célèbre essai sur le rire, définissait celui-ci comme un jugement venant sanctionner un comportement social inadéquat…

 

 

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 16:53

 

Prenez le temps (8 minutes) de regarder ce petit film de Christine Rabette, vous ne le regretterez pas : vive le transport en commun !

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DKSoshwPCdk

 

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  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
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