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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 13:40

 

Grand plaisir d’avoir vu ce week-end ma pièce Inaccessibles amours remontée dans ce petit lieu si dynamique qu’est, à Etais-la-Sauvin, près d’Auxerre, le « Théâtre rural de la Closerie », animé par le chanteur Gérard-André et sa compagne Andrée Desmet. Une belle réalisation – très simple, sans grands moyens mais jouée avec un plaisir et une énergie des plus communicatives par mes amis Xavier Clément (Caracala), Marianne Anska (Marinette) et Jean-Paul Denizon (l’homme ensanglanté) qui signe également la mise en scène.

 

Trois représentations, un public chaleureux. Le genre de spectacle "portatif" dont on espère beaucoup qu’il pourra faire une longue tournée.

 

DSC05356-1.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSC05383.JPG

                                                             photos Gérard-André

 

Ci-dessous, le début de la pièce, publiée aux Editions Lansman, avec Malaga dans le même volume. (Voir aussi, pour un autre passage, ce blog à la date du 24 octobre 2010.)

 

Une citation en épigraphe :

 

                                                « A longtemps les considérer, les spectacles gais

                                                 deviennent tristes. »

 

                                                                        (Nicolas Gogol, Les âmes mortes.)

 

Et c’est parti...

 

Un bistrot.

 

CARACALA, sa serviette en peau de crocodile posée devant lui.

On est toujours seul.

Toujours.

Même quand vous croyez ne plus être seul.

Même quand vous dites : maintenant c'est fini, aujourd'hui je me trouve des amis, demain je me trouve l'amour.

Celle à qui on tient par-dessus tout, celle pour qui on donnerait la prunelle de ses yeux et le reste, tout le reste.

Eh bien, on aurait beau vouloir donner tout le reste, on serait toujours seul.

Aussi vrai que la bière est la bière.

Remettez-m’en une.

Ce n'est pas parce qu'on est seul qu'on n'a pas soif.

D'ailleurs j'attends quelqu'un.

C'était prévu comme ça.

Je veux dire : c'était prévu que j'attende.

Les gens qui sont toujours à l'heure, ça n'a pas que des qualités.

Tout le portrait de ma mère : régulière comme une horloge et quand elle marchait, il suffisait de calculer le temps qu'il lui fallait pour faire dix mètres pour connaître le temps qu'il lui aurait fallu pour faire dix kilomètres.

A une seconde près.

Dix mètres, dix kilomètres, pour elle kif-kif bourricot, toujours le même rythme.

Le tic-tac de ses talons aiguilles.

Elle adorait les hauts talons, toujours des hauts talons, même si ça donne des varices.

Vous aussi vous portez des hauts talons.

 

SERVEUSE

Pour travailler ce n'est pas pratique mais je suis plutôt petite.

Et petite, pour travailler, ce n’est pas pratique non plus.

Alors, un jour hauts talons, un jour talons plats et la poire est coupée en deux.

Aujourd'hui, comme vous pouvez le voir, est un jour hauts talons.

 

CARACALA

Ma mère pourtant elle était grande.

Plus grande que mon père.

Une fois par an, il se mettait en rogne.

T'as pas un peu fini avec tes hauts talons ? J'ai l'air de quoi, moi ? Une demi-tête en en moins !

Fais du sport, elle lui disait, tu grandiras.

 

SERVEUSE

Moi du sport, je suis trop fatiguée.

Courir ici toute la journée.

Les clients sont toujours pressés.

Tout le monde veut tout tout de suite.

Et il y en a de plus en plus qui parlent anglais, je n'y comprends rien.

Je veux bien qu’on fasse l’Europe mais ils pourraient au moins apprendre le français.

Les Flamands du quartier, quand ils viennent boire un verre, eux, ils parlent français.

Les Flamands, eux, ils font un effort, on a beau dire.

 

CARACALA

Mon père non plus il n'a jamais fait de sport.

Je parle six langues, ça suffit, disait-il.

Pour ce que ça lui a servi !

Et ce n'est pas parce qu'il se mettait en rogne que ma mère mettait d'autres souliers.

Des hauts talons et rien d'autre.

Tu es ridicule quand tu fais ta scène annuelle, disait-elle à mon père.

Tu ferais mieux de me la faire dans une de tes cinq autres langues.

Vas-y, on t'écoute.

Il devenait tout rouge et partait en claquant la porte.

Bon, on a la paix pour un an, disait ma mère.

Moi, je ne disais rien, ça valait mieux.

Un enfant silencieux.

On me demandait : tu as perdu ta langue ?

Je ne répondais même pas.

 

SERVEUSE

A ce que je vois, on peut dire que vous vous êtes rattrapé.

Ça ne me dérange pas, j'ai besoin qu'on me parle.

Quand je suis seule, je mets toujours la radio.

 

CARACALA

C'est comme ça que j'ai appris la solitude.

Motus motus et on finit par vous oublier dans votre coin.

On a encore oublié le gosse, disait ma mère à mon père.

Ils étaient déjà sur le trottoir et moi, j'étais assis sur la chaise derrière la fenêtre.

Ils ne me voyaient pas à cause du rideau mais moi, je les voyais.

Ce gosse de malheur ! Pourquoi il ne nous a pas suivis ?

 

SERVEUSE

Oui, pourquoi vous ne les aviez pas suivis ?

 

CARACALA

Pour voir s'ils m'oublieraient, tiens !

Pour vérifier qu'ils m'oublieraient.

Et ils m'avaient oublié.

C'est ça, être seul, non ? Un enfant qu'on oublie.

Tic tac tic tac les pas de ma mère qui revenait dans le corridor.

Vite, je me glissais sous le canapé.

Ah c'est malin ! criait-elle, il doit être resté dans sa chambre.

Cara, où es-tu ! Descends !

Je tremblais de tous mes membres mais je ne bougeais pas.

Je me bouchais les oreilles pour ne plus l'entendre crier...

 

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:53

 

 

Ecrit par Maja Polackova, le texte ci-dessous accompagne le spectacle Le Producteur de bonheur (voir mon billet précédent) :

 

De la valise d’émigration au chapiteau des Baladins

 

J’avais seize ans quand en 1970 j’ai acheté chez un bouquiniste de Trnava, ville de Slovaquie occidentale, un petit livre au titre joyeux : Le Producteur de Bonheur de Vladimír Mináč. De l’écrivain dit « officiel » du régime communiste de l’époque, je ne connaissais, par les lectures imposées à l’école, que son œuvre sur les lendemains qui chantent, œuvre abondamment traduite en Union soviétique et autres pays du bloc de l’Est.

 

Je pense aujourd’hui que c’est la magie de ce titre enchanteur qui m’a fait acheter ce roman dont je n’avais jamais entendu parler. Une sorte d’assurance intérieure que le producteur de bonheur ne pouvait absolument pas être, à l’instar des personnages qui peuplaient les autres livres de Mináč, un de ces jeunes constructeurs zélés de barrages édifiant un avenir radieux ni un dynamique bâtisseur du réseau ferroviaire qui renforcera la jeune république socialiste contre les forces néfastes du capitalisme.

 

J’ai dévoré ce roman effectivement tout différent de ce que je connaissais du reste de l’œuvre et j’en ai fait un de mes livres de chevet. Dans ces années noires de la « normalisation politique » où les moindres restes de la révolte des années soixante subissaient un sort impitoyable, dans la morosité de la suspicion, de la dénonciation et du triomphe dictatorial, Le Producteur de Bonheur a rejoint ma « bibliothèque de survie ».

 

Quand, en 1974, l’université pragoise a accueilli la fille de « l’ennemi du peuple » que j’étais et lui a donné le droit à l’instruction, Le Producteur de Bonheur faisait partie de la valise de ma première émigration. Il m’a tenu compagnie pendant bien des soirées de ma vie pragoise. Comme la vie n’est pas un longue fleuve tranquille et qu’elle est remplie de rencontres et d’amour, quatre ans plus tard j’ai été confronté à un nouveau combat et une nouvelle émigration, cette fois-ci vers la Belgique pour y vivre avec Paul Emond.

 

Une année de tracasseries politico-administratives en tous genres n’ont pas découragé le jeune couple que nous étions de nous battre. Dans mes valises scellées par les forces de l’ordre – question de ne pas y ajouter des objets non-mentionnés dans les listes présentées préalablement à d’autres forces de l’ordre – il y avait en bonne place mon Producteur de Bonheur. En route pour la Belgique, à la frontière entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne, d’autres responsables de l’ordre nous ont fait attendre quatre heures avant d’examiner la solidité des scellés de mes bagages et d’effectuer d’autres formalités aussi importantes pour la sécurité du pays. Quand enfin nous avons franchi la frontière, je me suis jurée : le jour où je parle suffisamment le français, je traduis mon livre fétiche !

 

Quelques années plus tard, à Bratislava, Paul et moi avons frappé à la porte de l’appartement de Vladimír Mináč. L’écrivain ne cachait ni son grand étonnement ni son amusement. Aucun de ses livres n’avait été traduit dans une langue occidentale et, lors de sa publication en Slovaquie, le roman était passé inaperçu. Très sérieusement, nous avons exposé notre projet de traduction. Je traduisais les questions de Paul et, dans l’autre sens, les réponses de Mináč.

 

Nous nous sommes mis au travail avec passion et force discussions animées. Chaque représentant défendait sa langue et veillait à ne rien céder de son territoire linguistique. Nos enfants en gardent encore un vif souvenir. Comment dire notre joie le jour où j’ai tendu le livre à l’écrivain à Bratislava ! Notre plaisir ne nous a pas empêchés de comprendre ce jour-là que Vladimír Mináč parlait fort bien le français ! Plus tard il nous a félicités pour la traduction.

 

Lors de nos quelques rencontres par la suite, nous avons parlé de littérature et notamment de Dostoïevski et de Tolstoï. Mináč était allé expressément à Jasnaja Poljana, dans la maison de Tolstoï, pour voir les bottes en cuir fabriquées par l’écrivain. En nous le racontant, son visage s’est animé et il s’est écrié : «  Mon père était bottier, je sais à quoi ressemble une botte. Je vous jure qu’aucun être humain n’aurait pu chausser les bottes fabriquées par Tolstoï ! »

 

Lors de ces entretiens, nous avons également appris qu’il avait passé une grande partie de la guerre dans les camps de concentration de Mauthausen et de Dachau. C’est en souriant ironiquement qu’il nous a raconté comment, une nuit de la Saint-Sylvestre, pour épater les filles, le jeune résistant de vingt ans qu’il était avait joué avec son revolver et s’était envoyé une balle dans la cuisse. Il avait fallu chercher des secours et les fascistes l’avaient arrêté. Jamais, après la guerre, il n’avait parlé de son expérience concentrationnaire. Il voulait, disait-il, croire encore en l’humanité.

 

Homme de contrastes, Vladimír Mináč est aujourd’hui autant aimé que controversé en Slovaquie. C’est en 1964, avec Le Producteur de bonheur, ce roman dont la qualité littéraire, par sa dimension universelle, dépasse largement les frontières de son pays, qu’il a achevé sa création romanesque.  Par la suite, il a consacré plusieurs livres à l’histoire de la Slovaquie et rédigé des essais autobiographiques. Des mémoires, en quelque sorte, tout comme Ojbaba annonce à la fin du roman qu’il va écrire les siennes…

 

Deux ans après la sortie de notre traduction française, Vladimír Mináč a quitté ce monde dans son sommeil. L’auteur d’un roman qui est à la fois un « hymne à la vie » et un « bonheur mode d’emploi » a rejoint le bonheur éternel.

 

Le coup de foudre de Nele Paxinou pour les personnages d’Ojbaba et de son valet Lapidus est le point du départ de leur vie théâtrale en français. Le roman commence dans un bistrot. C’est dans un bistrot d’Avignon, pendant le festival, que Nele et Paul ont eu leur première séance de travail sur cette adaptation. Vous avez dit qu’on ne refait pas l’histoire ?

 

                                                                                              Maja POLACKOVA

 

 

J’ai, pour ma part, présenté le roman et l’adaptation théâtrale en ces termes :

 

Le Producteur de bonheur de Vladimír Mináč

 

Vladimír Mináč (1922-1996) est un des écrivains slovaques les plus importants de sa génération. S’il est l’auteur d’une série de romans aux conceptions très réalistes – Hemingway est son grand modèle –, Le Producteur de bonheur, son chef-d’œuvre, publié en 1964 et par lequel il clôture son œuvre romanesque (par la suite, il n’écrira plus que des essais), est de facture très différente. J’ai eu le plaisir, il y a quelques années, de le traduire avec Maja Polackova et de vérifier ainsi, pas à pas, la beauté et l’efficacité narrative de son écriture.

 

Il s’agit d’un texte d’une fantaisie débridée, jouant sur toute la gamme du burlesque et qui raconte les aventures de Frantichek Ojbaba, que Mináč surnomme « le producteur de bonheur ». Autrement dit, un arnaqueur au verbe haut et bien assuré, un combinard prêt à toutes les audaces et toutes les falsifications, séducteur de toute veuve et de toute orpheline, surtout s’il y trouve avantage, mais qui, en fin de compte, se révèle être surtout un inlassable bâtisseur d’entreprises plus fumeuses les unes que les autres …

 

Jamais sans doute portrait de ce type de personnage n’a été dressé de façon si remarquable. Jusqu’à le rendre à l’évidence sympathique, quelles que soient les embrouilles dans lesquelles il s’engage. Ou grâce, sans doute, à ces embrouilles ; celles-ci sont si énormes, si cocasses, si magnifiquement invraisemblables, qu’on ne peut éprouver que de l’empathie pour celui qui les organise. Qu’elles se passent dans la Slovaquie communiste du début des années soixante y ajoute à l’évidence une dimension supplémentaire : entre la morosité de la société bureaucratique générée par le régime, où toute initiative a disparu, et l’énergumène cherchant son profit par tous les moyens frauduleux mais ne montant des coups foireux, le contraste et l’opposition sautent aux yeux. Au point que Frantisek Ojbaba apparaît presque comme un don Quichotte à l’envers – rien d’idéaliste chez lui, son seul désir est de s’enrichir – parti à l’assaut d’un monde coercitif et uniformément gris.

 

 « Tenter sa chance ! Et qu'est-ce que cela veut dire, tenter sa chance ? Ça veut dire sortir du rang. Rêver à un destin unique. Tout qui marche dans un régiment veut en sortir », déclare le producteur de bonheur au début du roman. Voilà l’entrepreneur en escroqueries toutes catégories devenu porte-parole de la vertu d’individualisme et du droit à la liberté… 

 

Qui dit don Quichotte, dit Sancho : si la trame narrative du roman est si efficace, c’est parce que d’entrée de jeu Mináč y double son héros d’un personnage qui sera à la fois son contraire et son inséparable ; dès le premier chapitre, le producteur de bonheur entraîne, en effet, dans ses aventures un candide garçon de café qu’il baptise Lapidus et qu’il considérera comme son disciple, même si le disciple en question se montrera souvent obtus et rebelle. Ainsi se forme, pour notre plus grand plaisir, un nouveau couple de maître et de valet, ce couple dont on connaît la fortune tant romanesque que théâtrale. Le conflit permanent des deux personnages assure à l’histoire une part de son joyeux dynamisme : Ojbaba domine Lapidus, le manipule, prétend faire son apprentissage et en fait surtout son souffre-douleur ; mais Lapidus traverse toutes les péripéties en restant égal à lui-même, tombe très vite amoureux de la jeune, tendre et moderne Katarina et, somme toute, finit par s’en tirer mieux que son maître.

 

Le producteur de bonheur étant un séducteur impénitent, les personnages féminins ont bien sûr ici toute leur importance. Outre la belle Katarina qu’Ojbaba, malgré son âge déjà mûr, ne craint pas de disputer à Lapidus, on se plaira à faire la connaissance de la veuve Purdekova, grâce à laquelle notre héros pourra monter sa première grande affaire, la vente de sucreries en forme de parties du corps de l’un ou l’autre saint ; puis, c’est Greta, la femme d’un artiste populaire, dont Ojbaba aura besoin pour tenter la diffusion d’œuvres d’art sur un large marché ; quant à Heddy la Violette, elle l’accompagnera dans son entreprise la plus burlesque, la direction de l’ensemble Tempo. S’il s’intéresse si bien aux femmes, Ojbaba, on s’en doute un peu, aura également à périr par les femmes…

 

Autant de protagonistes éminemment typés et donc tout désignés pour prendre les habits de personnages de théâtre. De la même façon, il m’a toujours paru évident, depuis que je connais ce roman, que le cocasse de ses dialogues, l’incongru des situations qu’il présente et son inventivité narrative permanente se devaient d’être transposés sur la scène. Il en va de même pour l’évocation sarcastique de la bureaucratie et de l’économie planifiée qui traverse toute l’histoire ; car, à ce sujet, et que l’on ne s’y trompe pas, c’est, bien plus largement, à toute forme de bureaucratie, de conformisme et de bêtise que s’en prend cette charge satirique et le thème reste largement d’actualité : existent encore un peu partout, nous ne le savons que trop bien, des fonctionnaires culturels du genre de celui auquel Ojbaba rend visite ou des êtres pareils aux inénarrables Fomicuk et Chomicuk qui apparaissent vers la fin des truculentes aventures du producteur de bonheur.

 

Reste enfin – et ce n’est pas sa moindre qualité – que l’œuvre bascule à trois reprises dans une sorte d’envers du décor. Vouloir sortir du rang est toujours une chose particulièrement périlleuse, et plus encore dans la société ici décrite, même si cette description se veut drolatique. Font écho à cette prise de risque, trois cauchemars d’Ojbaba, empreints d’une angoisse qui n’est pas sans rappeler le monde de Kafka. Une angoisse qui se transforme en terreur quand, en bout de course, se manifeste une répression proprement ubuesque, puisque c’est à la trappe, très précisément, que, dans le troisième rêve, le monstrueux dictateur Cachet envoie l’un après l’autre les intellectuels qui lui font face, avant d’y envoyer le producteur de bonheur lui-même. Ces trois ruptures ou changements de plan apportent à l’ensemble du livre une dimension essentielle. Il en va de même au théâtre, où la transposition de ces rêves fournit au spectacle son versant d’étrangeté et de gravité.

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:30

 

 Du 12 au 17 août, création au Festival de Spa par les Baladins du miroir, dans une mise en scène de Nele Paxinou, de mon adaptation du Producteur de bonheur, le superbe roman de l’écrivain slovaque Vladimír Mináč (1922-1996). (Pour les représentations ultérieures, voir le site des Baladins,http://lesbaladins.be)

 

Maja-affiche-Producteur-de-B.-2012.jpg                               

 Pour l’occasion, MaelstrÖm éditions (voir http://www.maelstromreevolution.org) réédite le roman, traduit il y a pas mal d’années déjà par Maja Polackova et moi-même, paru aux Editions Labor et introuvable depuis longtemps. Cette nouvelle édition est accompagnée d’illustrations de Maja Polackova, qui a créé également l’affiche du spectacle :

 

Couverture Producteur de bonheur 1

 

Je vous donne un avant-goût avec les premières lignes du roman :

 

   Les chaises étaient déjà retournées sur les tables. Le serveur éteignait les lumières. Il posa la main sur le dernier interrupteur, mit une jambe devant l'autre et jeta sur le dernier client un regard méditatif.

   L'homme à la calvitie demanda :

   « Alors, on se dit au revoir ? »

               « Il va falloir », répondit le serveur.

  L'homme chercha de l'argent dans ses poches. Il pêcha toutes sortes de papiers dans son portefeuille, les posa l’un après l’autre sur la table en les vérifiant consciencieusement, puis les replia prudemment et les remit en place. Il affichait une mine plutôt piteuse.

   Il dit :

   « Eh bien, voilà. »

   « Vous n'avez pas d'argent ? », demanda le serveur.

   L'homme poussa un soupir.

   « Toi, tu es un homme sincère », dit-il d'un ton nonchalant. « Eh bien, moi aussi, je serai sincère avec toi. Je n'en ai vraiment pas. »

   « Je l'avais deviné », dit le serveur.

   « Deviné et, malgré tout, tu m’as servi mon cognac. Regardez cet homme, messieurs dames, observez-le bien. » Et il embrassa toute la pièce du regard comme si la foule s'y pressait et ne le quittait pas des yeux. « Un véritable connaisseur de l'homme. D'un seul coup d’œil, il vous sonde le fond de l'âme. Et cela ne l’empêche pas d’avoir le cœur grand. »

   « Pour ce qui est du cœur, vous vous trompez », dit le serveur, qui ne put réprimer un bâillement. « Il va vous falloir laisser quelque chose ici. Une montre ou autre chose. »

   « Une montre ! » L'homme joignit les mains, les doigts tendus vers le haut. « Vous l'avez entendu ? Il a dit: une montre ! Et moi, je vous demande : quelle montre ? Une montre avec une fontaine magique ? Ou bien me faut-il, malgré mon âge, grimper jusqu'au sommet d'une tour et redescendre déposer à ses pieds l'instrument officiel de la mesure du temps ? C'est ça, le respect de la vieillesse ? »

   « Vous devez laisser quelque chose », dit le serveur, d'un ton plus ferme à présent.

   « Mais tu ne comprends rien, mon camarade. Je n'ai rien. Rien du tout. Et où il n'y a rien, même un serveur ne peut rien prendre. Capisto ? »

               « Ce n'est pas très joli de votre part. »

   « Et est-ce que c'est joli de ta part de bâiller sans mettre la main devant la bouche ? Où nous trouvons-nous ? Dans une grotte préhistorique ou dans une taverne socialiste ? L'homme ne fait pas que de jolies choses, mon camarade. »

   « Vous, vous êtes un type bizarre ! », dit le serveur.

   L'autre haussa les sourcils. Ils étaient imposants, bouclés et touffus, comme si de la mousse lui poussait sous le front.

   « Ne me vexe pas. Je suis un original. Le dernier original véritable et pas du tout un type bizarre. Sais-tu qui je suis ? »

   « J'aimerais le savoir », grimaça le serveur. « Six cognacs et deux cafés. A quel nom, s'il vous plaît ? »

   L'homme se leva, tira sur sa veste froissée et s'inclina poliment. « Ojbaba », fit-il d'un ton solennel.

   « Enchanté », répondit le serveur.

   « Cela ne te dit rien ? »

   « Non. Sauf peut-être que je peux dire adieu à mon argent. Les gens avec un nom pareil, ou bien ils n'existent pas, ou bien ils ne paient pas leurs dettes. »

   « Ojbaba Frantisek », reprit l'homme d'un air digne. « Vraiment, ça ne te dit rien ? »

   « Non. » Le serveur se remit à bâiller et, au dernier moment, mit la main devant la bouche. « Qu'est-ce que ça devrait me dire ? »

   « Entrepreneur », souffla l'homme. « Secteur des fêtes populaires. La roulette du bonheur d'Ojbaba. La bonne fortune d’Ojbaba. Tu n'en as jamais entendu parler? »

   « Non. Mais ça ne sonne pas mal. J'arriverai peut-être encore à avoir mon argent. La roulette du bonheur d'Ojbaba. Qu'on l'apporte ! »

   L'homme, d'un air impuissant, écarta les bras.

   « Je le ferais de bon cœur, mon camarade, car j'ai le cœur généreux. Mais ça ne marchera plus. On a piétiné les rêves. Les nuages roses se sont dissipés. Adieu, mon petit village natal. »

   « Quel village ? »

   « Mon camarade », fit l'homme d'un ton solennel en se frappant la poitrine, « tu as devant toi un être, qui, il y a quelques heures à peine, possédait encore une entreprise florissante. Et qui, en un instant, a tout perdu. »

   « La police ? », demanda le serveur déjà compréhensif.

   « Non », répondit l'homme. « Une femme. Une bonne femme. »

   « On connaît ça », dit le serveur d'un ton réfléchi. Il se dandina en croisant les bras. Puis, d'un ton méprisant et expérimenté : « Les bonnes femmes, quelqu'un comme nous doit les tenir à distance. Ne pas les laisser s'approcher. »

   « Exactement ! », s'exclama le producteur de bonheur. Il se précipita vers le serveur avec un sourire enthousiaste et ouvrit les bras. « Viens tout contre moi, écoute le chaleureux battement de mon cœur amical ! Quelqu'un comme nous ! Quel mot magique ! Si jeune et si expérimenté ! »

   Et malgré les réticences du serveur, il l'enlaça en le couvrant de ses postillons et en versant une larme d'émotion. Puis, il lui saisit la main et la serra avec force :

   « Esprit éclairé ! Point lumineux au sein des ténèbres ! C'est avec une joie immense que je commande deux grands cognacs ! »

   « Mais vous n'avez pas d'argent », répondit le serveur.

   « Comment : vous n'avez pas ? Tu n'as pas, mon camarade ! A partir de maintenant, rien que tu, seulement tu ! Tout pour l'ami. L'argent, qu'est-ce que c'est ? Une honteuse invention de l'homme, du papier imprimé, des images idiotes. Une prison pour l'esprit libre. »

     « Je dois faire ma caisse », dit le serveur en reculant devant cette avalanche de mots.

   « Faire ta caisse ? » Quelle effroyable bassesse ! Tu dois t'en libérer, t'élever au-dessus du quotidien. Faire la caisse ! L'homme n'a pas été doté de son âme si unique pour faire la caisse. Il faut se révolter. Il faut se demander : pourquoi est-ce que je vis ? Pourquoi suis-je ici ? Quelle est donc le rôle de mon âme dans une telle foire ? »

   « C'est vrai », répondit le serveur estomaqué. « C'est dégoûtant. Tous les jours la même chose. Et, le matin, je ne sens plus mes jambes. »

   « Jette ton poids, mortel. Lève-toi et marche, comme disait un certain homme intelligent à un certain jeune homme. Je te prête des ailes. Tout pour l'ami. Tu t'élèveras et dans le ciel tes pieds plats se reposeront. Lève-toi et marche, jeune homme, le monde est grand. »

   « Et où dois-je aller? »

   « D'abord, chercher du cognac », dit Frantisek Ojbaba.

   Le serveur ne put s'empêcher de rire.

   « Vous êtes un comique », dit-il. Et il se mit en route en soupirant et en traînant les jambes. Le producteur de bonheur s'installa confortablement.

   L'instant d'après, le serveur poussait les portes battantes, une bouteille de cognac à la main. Il la posa sur la table.

   « Tant pis pour elle. » Il remplit les verres et dit à Ojbaba: « C'est parce que vous êtes un fameux original. »

   « Mais tutoie-moi donc, mon camarade », dit le producteur de bonheur. Puis il demanda: « Qu'est-ce que tu veux dire, au juste ? Qu'est-ce que c'est, un original ? »

   « Quelqu'un d'un peu drôle », répondit le serveur.

   « Tu veux dire un peu étrange ? C'est juste. Et quoi encore ? »

   « Je ne sais pas. »

   « La liberté, mon camarade. Un original doit être indépendant de tous et libre de tout. Il ne peut pas faire partie du troupeau. Il doit avoir le courage d'être différent. Capisto ? »

   « Si je comprends ? Non. »

   « L'homme n'est pas ce par quoi il ressemble à son prochain », dit le producteur de bonheur en dressant un index sentencieux. « L'homme est ce par quoi il se différencie de son prochain. Telle est la grande leçon de l'individualisme. »

   « Oui », dit le serveur. « On trouve toutes sortes d'individus. »

   « Tout homme rêve d'être unique. Au moins une fois dans sa vie. Pourquoi les gens s'arrêtaient-ils devant mon stand ? La roulette ! Tenter sa chance ! Et qu'est-ce que cela veut dire, tenter sa chance ? Ça veut dire sortir du rang. Rêver à un destin unique. Tout qui marche dans un régiment veut en sortir. »

   « Et maintenant la roulette s'est envolée », dit le serveur.

« Elle s'est envolée », acquiesça l'ancien entrepreneur du secteur des fêtes populaires. « Elle s'est même envolée avec la bonne femme, le capital en liquide, le tablier blanc et l'ouvrier. »

   « Quel ouvrier ? »

   « L'homme qui gagne toujours. La publicité pour le bonheur. Un jeune homme agréable. L'homme de la foule. L'étincelle qui enflamme. Il était trop agréable – je le suppose, en tout cas. Je lui avais tout appris, je l'ai réchauffé sur ma propre poitrine comme un petit oiseau gelé. Jeunesse ingrate ! Il s'est enfui avec toute mon entreprise. J'étais allé manger une goulache. Imprudence fatale ! Laisser la bonne femme avec un jeune homme trop agréable et avec le capital ! Elle ne comprenait rien à la grandeur d'âme. Tout ce qu’elle a compris, c’est que j’étais vieux. »

   « Vous avez commis une erreur », accorda le serveur compatissant. « On ne peut pas se fier aux femmes. »

   Le producteur de bonheur poussa un soupir :

   « Les seins ! Deux voûtes célestes. Et tout est parti. »

   Tout en méditant, ils burent leur cognac. Derrière les fenêtres, le matin commençait à poindre. Le temps des confidences arrivait. Ce temps indéterminé où le possible semble impossible, le temps des projets, le temps créateur. Les cratères fument encore, la lave n'a pas encore durci, la croûte terrestre est toujours en train de trembler et de craquer. Rien n'a encore son apparence définitive, voici ton ciseau à rêves, crée ton monde selon ton désir. En ce moment rare, le producteur de bonheur se lança dans un long discours… 

 

 

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 11:30

 

 

Il y a pas mal d'années déjà, nous avons traduit, Maja Polackova et moi-même, un roman de Dominik Tatarka (1913-1989), l'écrivain slovaque sans doute le plus connu en Europe occidentale. La traduction littérale du titre choisi par le romancier donnerait « Les fauteuils d'osier » mais l’éditeur a préféré le publier sous la dénomination plus attractive d'Une saison à Paris.

 

C'est l'histoire, au demeurant pour une bonne part autobiographique, d'un jeune slovaque qui, dans les années trente, obtient pour Paris une bourse d'étude de plusieurs mois. Il loge dans une modeste pension de famille, tombe amoureux, se promène aux quatre coins la Ville Lumière, va voir des compatriotes qui travaillent dans les mines du Nord - ce qui lui vaudra des ennuis avec la police - et finit par quitter la France le cœur plein de nostalgie. Nostalgie que redouble le mode de narration : c'est un homme vieillissant qui, des années plus tard, raconte ces souvenirs à une amie (ils sont assis côte à côte dans des fauteuils d'osier, d'où le titre original).

 

Vers la fin du récit, alors qu'approche le moment du départ, le jeune homme additionne un maximum d'impressions parisiennes, pressentant qu'il ne reviendra sans doute jamais dans la ville qu'il a découverte avec tant de passion. Parmi ces images dont il se nourrira par la suite, celle d'un vieil ouvrier qui profite d'une pose pour savourer un morceau de baguette qu'il trempe dans du vin rouge avant de le porter à sa bouche :

 

J'avais cessé de suivre les cours et parcourais Paris comme un cheval emballé. Du lever au coucher du soleil, je ne cessais de regarder autour de moi, m'efforçant de tout graver dans ma mémoire. Que je suive les éboueurs ou les laitiers qui faisaient leur distribution ou que j'observe comment un garçonnet, dans le jardin du Luxembourg, poussait son petit voilier dans un bassin, je m'imposais de tout retenir. Et voilà pourquoi, jusqu'à aujourd'hui, me sont restés en mémoire des centaines de clichés du Paris de cette époque, clichés pittoresques, vains, étonnants et nostalgiques. Et ce n'est que maintenant que je peux savoir que leur étrangeté ne possède en commun que la psychologie du condamné mené à l'échafaud : regarde encore ceci avant que ta tête ne tombe ! Parmi les images qui me sont ainsi restées, il y a le flot de brouillard qui, un matin, envahit Paris, il y a un couple d'amoureux qui s'embrassent sous la statue de Charlemagne : lui, les yeux fermés, raconte patiemment quelque chose, tandis qu'elle frotte sa paume sur la ligne étroite de sa barbe et qu'absolument rien au monde ne les dérange. Entre eux, surgit soudain le visage d'un vieux dalleur qui vient se relever, des morceaux de pneus attachés aux genoux, qui secoue le sable de ses mains et qui me dit à moi, l'inconnu : maintenant, on va manger ! Et il verse du vin rouge dans un bol, y trempe une baguette et murmure dans sa moustache : oh ! que c'est bon, que c'est bon ! Je me suis, moi aussi et en son honneur, adonné à ce plaisir, j'ai acheté un bol de porcelaine, une baguette et une demi-bouteille de rouge et j'ai essayé. Oh ! que c'est bon, que c'est bon ! ai-je répété comme lui. Ne faut-il pas découvrir ce qui est bon ? Rien au monde ne m'avait autant plu.

 

            Dominik Tatarka, Une saison à Paris, Editions de l'Aube,

traduit du slovaque par Maja Polackova et Paul Emond

 

Il arrive, et peut-être même souvent, que l'évocation d'un repas ou d'un mets proposé dans un roman (ah ! les recettes de madame Maigret !), ou même, comme ici, d'une simple saveur éveille en nous une forte envie gustative. Avez-vous déjà mis en bouche un gros morceau de bon pain, puis porté à vos lèvres un peu de vin rouge et laissé celui-ci imprégner longuement le pain avant de l'avaler ? Depuis que j'ai découvert ces lignes de Tatarka, il m'arrive parfois de le faire et, tout en savourant ce mélange si simple, de me répéter silencieusement : que c'est bon, que c'est bon... 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 11:28

 

 Je reprends l’Antigone de Sophocle, classique parmi les classiques écrit il y a deux millénaires et demi (vers 442 avant Jésus-Christ). Et à la moitié de la pièce, je retombe sur ce passage fameux :

 

   Il est bien des merveilles en ce monde, il n’en est pas de plus grande que l’homme.

   Il est l’être qui sait traverser les flots gris, à l’heure où soufflent les vents du Sud et ses orages, et qui va son chemin au creux des hautes vagues  qui lui couvrent l’abîme.

   Il est l’être qui tourmente la déesse auguste entre toutes, la Terre, la Terre éternelle et infatigable, avec ses charrues qui vont sans répit la sillonnant chaque année, celui qui la fait labourer par les produits de ses cavales.

   Oiseaux étourdis, animaux sauvages, poissons peuplant les mers, tous il les enserre et les prend dans les mailles de ses filets, l’homme à l’esprit ingénieux.

   Par ses engins il est le maître des bêtes indomptées qui courent par les monts, et, le moment venu, il ploiera sous son joug enveloppant leur col et le cheval à l’épaisse crinière et l’infatigable taureau des montagnes.

   Parole, pensée prompte comme le vent, aspirations d’où naissent les cités, tout cela, il se l’est enseigné à lui-même, aussi bien qu’il a su, en se faisant un gîte, échapper au traits du gel, de la pluie, cruels à ceux qui n’ont d’autre toit que le ciel. Bien armé contre tout, il n’est désarmé contre rien de ce que peut lui offrir l’avenir. Contre la mort seul il n’aura jamais de charme lui permettant de lui échapper, bien qu’il ait déjà su contre les maladies les plus opiniâtres, imaginer plus d’un remède. 

   Mais, ainsi maître d’un savoir dont les ingénieuses ressources dépassent toute espérance, il peut prendre ensuite la route du mal tout comme du bien. 

   Qu’il fasse donc, dans ce savoir, une part aux lois de sa ville, et à la justice des dieux à laquelle il a juré foi ; il montera alors très haut dans sa cité ; tandis qu’il s’exclut de cette cité, du jour où il laisse le crime le contaminer, par bravade. 

 

            Sophocle, Antigone, traduction de Paul Mazon, Les Belles Lettres

 

Comment ces lignes résonnent-elles aujourd’hui, alors que nous sommes en train de l’épuiser, « la déesse auguste entre toutes, la Terre », que l’on croyait « infatigable » et alors que la « conscience citoyenne » est une expression qui n’a plus cours dans la société du fric, des paillettes et de la communication ?

 

Que pèsent encore aujourd’hui les réflexions morales d’un coryphée antique ? J’avais noté ceci, c’était à propos de L’Ethique d’Aristote mais cela vaut tout autant pour la pièce de Sophocle :

 

L’Ethique d’Aristote n’est plus un livre qui nous enseigne ce qu’est un homme de bien ; c’est un ouvrage qui nous apprend ce que les Grecs pensaient de la morale. Or, qui se préoccupe vraiment de cela ? Aucune personne normalement constituée et désireuse de vivre raisonnablement.

 

            Allan Bloom, L’âme désarmée. Essai sur le déclin de la culture générale

Editions Julliard

 

« Il est bien des merveilles en ce monde, il n’en est pas de plus grande que l’homme. » D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? demandait Paul Gauguin dans son grand tableau testament.

 

D'où venons-nous...

 

 

 

 

 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 08:49

 

 

 

EMOND-ODILON-COUV-SEULE.jpg

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 11:15

 

FESTIVAL AVIGNON OFF 2012

LA COMPAGNIE TRAVERSES AU THEATRE DE L'ETINCELLE

DU 7 AU 28 JUILLET A 17H45 en alternance


 

 

 

TETE A TETE  de Paul Emond

 

du 7 au 27 juillet (jours impairs) à 17h45

Durée : 1h15
Public : tout public à partir de 14 ans

Tarif : 15 euros - Tarif adhérent public off / tarif enfant : 10 euros

 


Dans une chambre d'hôpital, une femme règle les comptes d'une vie avec son mari supposé amnésique. Un huis clos fantastique où se côtoient humour, férocité, mystère et émotion jusqu'au coup de théâtre final. « Médée chez les petits-bourgeois... » « Karin Martin-Prével éblouissante» La Tribune. « Une comédienne en tout point sublime et un spectacle d'une qualité exceptionnelle » Le Dauphiné Libéré. « Comme ses grands prédécesseurs, Adamov, Ionesco, Beckett, Pinget, Sarraute, Paul Emond place au cœur de ses farces philosophiques belges les thèmes de la (l'in-) communication, du malentendu, de l'absurde – étymologiquement : ce à quoi on reste sourd...» Yannic Mancel, dramaturge au Théâtre National du Nord.

 

MISE EN SCENE : Valentin TRAVERSI

AVEC : Karin MARTIN-PREVEL, Valentin TRAVERSI

LUMIERE : Clément PATARD

 

Tete-a-tete-4.jpg





MON CHAT S'APPELLE ODILON de Paul Emond

 

du 8 au 28 juillet (jours pairs) à 17h45

Durée : 1h10

Public : tout public à partir de 11 ans

Tarif : 15 euros - Tarif adhérent public off / tarif enfant : 10 euros

 


Dans l'impossibilité de choisir entre son chat et son amant, Natacha est embarquée dans une succession frénétique de rencontres grotesques et cauchemardesques. Rire et émotion sont ici subtilement entrelacés. « Éblouissante prestation d'une comédienne plébiscitée par un public conquis » Le Dauphiné Libéré. « Valentin Traversi met en scène Karin Martin-Prével avec subtilité et précision...» Lyon Poche. « De prime abord, l'écriture de Paul Emond nous fait rire, puis insensiblement le spectateur se pose la question : « De quoi suis-je en train de rire ? » Dès ce moment, la part tragique des personnages émerge, sans que le rire nous quitte » Michel Tanner, metteur en scène et dramaturge.
MISE EN SCENE : Valentin TRAVERSI

AVEC : Karin MARTIN-PREVEL

LUMIERE : Clément PATARD

 

Mon-chat-s-appelle-Odilon-1.jpg

 


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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 14:09

 

Toujours au Musée des Beaux-Arts de Montréal, plaisir de retrouver un de mes tableaux fétiches, Action painting du peintre américain Mark Tansey (voir sur ce blog mon billet du 23 octobre 2010) :

 

P6290154

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:57

 

Au Musée des Beaux-Arts de Montréal, découverte d’un superbe tableau d’Otto Dix, Portrait de l’avocat Hugo Simons (1925). L’histoire de ce tableau mérite d’être racontée. En quelques mots : Otto Dix avait reçu commande du portrait d’une jeune fille qu’il réalisa. Mais le père de la demoiselle refusa le tableau, déclarant qu’il n’était pas suffisamment ressemblant. Le peintre s’adressa alors à l’avocat qui le défendit brillamment au tribunal, invoquant la liberté de l’art, et qui obtint gain de cause. Pour remercier Hugo Simons, Dix fit son portrait et le lui offrit. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, Dix fut privé du droit d’exposer, se vit retirer son enseignement et fut l’objet, jusqu’à la fin de la guerre, de nombreuses brimades. Quant à Hugo Simons, empêché de poursuivre sa profession par les lois antisémites, puis sur le point d’être arrêté, il parvint à gagner les Pays-Bas avec sa femme et ses enfants et emporta son tableau. Des Pays-Bas, il gagna le Canada où, ne pouvant exercer son métier, il vécut de travaux subalternes, refusant jusqu’à sa mort en 1958 de rentrer en Allemagne. En 1993, le tableau, bien que faisant l’objet de nombreuses convoitises, fut vendu par les enfants de l’avocat aux Musée des Beaux-Arts de Montréal pour la moitié de sa valeur, de façon à ce qu’il reste dans la ville où son propriétaire avait passé la seconde partie de sa vie (pour plus de détails : http://www.mbam.qc.ca/ottodix/pdf/fr/articles_M.pdf ).

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:13

 

Plaisir aussi de revoir au MoMA des œuvres de Raushenberg dont ce tableau magnifique :

 

P6250107

Et, de George Grosz, un portait du poète Max Herman-Neisse (1927) qui me ressemble (presque) comme un frère :

 

P6250109

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  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
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