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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 22:02

 

Guillaume Apollinaire remarquait à propos de Félix Fénéon (1861-1944) qu’il n’avait jamais été « très prodigue de sa prose ». C’est vrai, c’est parfaitement vrai. Voilà pourquoi, les jours où vous n’avez que quelques instants à consacrer aux belles lettres, je vous recommande la lecture de l’une ou l’autre de ses Nouvelles en trois lignes. Par la même occasion, vous découvrirez comment faire œuvre littéraire du moindre fait divers. Ainsi :

 

Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme. Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère : le coup porta.

 

Ou :

Il n'y a même plus de Dieu pour les ivrognes : Kersilie, de Saint-Germain, qui avait pris la fenêtre pour la porte, est mort. 

 

Bien souvent, voire presque toujours, ces nouvelles de Fénéon sont donc à peine commencées qu’elles se terminent mal. En voici tout de même une dont la conclusion laisse un peu d’espoir :

 

Prenant au mot son état civil, Mlle Bourreau a voulu exécuter Henri Bomborger. Il survivra aux trois coups de couteaux de son amie.

 

 

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Published by paulemond.over-blog.com - dans Raconter
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  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
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