Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 12:12

 

Ca y est, j’y suis, il y avait un bon bout de temps que je tournais autour, me voici replongé dans ce « livre-monde » qu’est La vie mode d’emploi de Georges Perec. Près de 700 pages dans l’édition Hachette, que j’avais achetée à sa parution en 1978 (il existe également une édition de poche). Comme il y a des passionnés (tel Gabriel Garcia Marquez) qui relisent Don Quichotte chaque année, d’autres (tel mon ami Thierry Leroy) font ou feraient bien pareil avec ce roman culte qui est, pour moi, un des plus importants du XX° siècle.

 

Un « livre-monde », disais-je : il a son propre espace-temps, concentré sur le présent de la description d’un grand immeuble parisien, situé 11, rue Simon-Crubellier (la rue, bien sûr, n’existe pas). Méthodiquement (ah ! la méthode chez Perec !), chaque endroit de ce bâtiment – pièces des appartements, couloirs, escaliers, caves, combles – et tous les êtres qui s’y trouvent constituent le point de départ, au présent, de la narration ; s’organise à partir de là, selon l’histoire des différents personnages rencontrés, un jeu de dispersion dans l’espace et le temps : c’est le monde entier qui est convoqué au gré des voyages et aventures décrites (et bien sûr, nombre de personnages se croisent, réapparaissent plus loin et l’on voit alors rebondir leur histoire – on est dans une sorte de Comédie humaine en condensé) ; c’est l’histoire récente et moins récente qui est rappelée ou réinventée ; c’est la profusion des objets qui nous entourent qui est sans cesse inventoriée (il y a chez Perec une véritable passion de l’énumération) ; ce sont aussi des centaines de références littéraires et artistiques auxquelles un grand jeu de citations et de réactualisations fait sans cesse allusion ; ce sont surtout, en condensé, une foule de synopsis romanesques souvent à peine développés (le livre est d’ailleurs sous-titré romans), plus passionnants, surprenants, cocasses ou dramatiques les uns que les autres et qui pourraient chacun se déployer sur des centaines de pages.

 

Au centre de l’œuvre (ce serait plutôt un des centres d’un tel foisonnement), deux peintres : l’un, Serge Valène, a l’idée d’un tableau – miroir du roman – représentant l’immeuble, la façade enlevée, où apparaîtrait tout ce qui se passe à l’intérieur ; l’autre, Percival Bartlebooth, aquarelliste amateur et millionnaire original, a parcouru le monde pour peindre cinq cents marines en cinq cents ports différents, les a fait envoyer à un autre habitant de l’immeuble, Gaspard Wincklair, lequel, en menuisier expert, les a collées sur du bois et découpées en puzzles particulièrement ardus, puzzles – autre miroir du roman – que Bartlebooth, revenu à Paris et enfermé pour toujours dans son appartement, passe le reste de sa vie à reconstituer, avant de les renvoyer un à un pour être détruits au lieu où l’aquarelle a été réalisée…

 

Principe de construction parmi d’autres : cent chapitres (quatre-vingt-dix-neuf et un épilogue) correspondant aux cent endroits de l’immeuble décrits par le romancier ; l’ordre de succession est organisé selon la marche d’un cavalier de jeu d’échecs passant par chaque case d’un damier de cent cases sans jamais passer deux fois par la même (manœuvre logique nommée algorithme du cavalier).

 

On peut entrer dans ce livre par diverses portes : soit la lecture en continu ; soit l’ouverture du livre au hasard (si la construction est méthodique, un des principes en étant le puzzle, autant dire que l’on peut démarrer à partir de n’importe quelle séquence) ; soit le suivi d’un personnage, dont les différentes apparitions sont mentionnées dans un index final ; soit encore le choix d’une des histoires racontées, lesquelles sont également rappelées en fin de volume selon un ordre alphabétique qui renvoie chaque fois au chapitre ou l’histoire est traitée.

 

Au beau milieu du roman, au chapitre LXI, nous voici avec le peintre Valène, tout en haut de l’immeuble, dans sa chambre de bonne. Ecrit au conditionnel (un mode que Perec affectionne – son premier roman Les choses l’utilisait déjà abondamment), ce chapitre évoque longuement comment l’artiste, son tableau presque achevé, se peint lui-même dans un coin de l’œuvre ; puis, c’est la description du tableau tout entier qui nous est donnée, formidable miroir interne, ainsi planté au milieu de l’œuvre… (miroir central mais on ne cessera d’en rencontrer d’autres  miroirs et tables gigognes apparaissent ici au détour de presque chaque page). Plaisir de reproduire ici le déroulé minutieusement ciselé de la longue phrase si caractéristique de Perec.

 

Il serait lui-même dans le tableau, à la manière de ces peintres de la Renaissance qui se réservaient toujours une place minuscule au milieu de la foule des vassaux, des soldats, des évêques ou des marchands ; non pas une place centrale, non pas une place privilégiée et significative à une intersection choisie, le long d’un axe particulier, selon telle ou telle perspective éclairante, dans le prolongement de tel regard lourd de sens à partir duquel toute une réinterprétation du tableau pourrait se construire, mais une place apparemment inoffensive, comme si cela avait été fait comme ça, en passant, un peu par hasard, parce que l’idée en serait venue sans savoir pourquoi, comme si l’on ne désirait pas trop que cela se remarque, comme si ce ne devait être qu’une signature pour initiés, quelque chose comme une marque dont le commanditaire du tableau aurait tout juste toléré que le peintre signât son œuvre, quelque chose qui ne devrait être connu que de quelques-uns et aussitôt oublié : à peine le peintre mort, cela deviendrait une anecdote qui se transmettrait de génération en génération, d’ateliers en ateliers, une légende à laquelle personne ne croirait plus, jusqu’à ce que, un jour, on en redécouvre la preuve, grâce à des recoupements de fortune, ou en comparant le tableau avec des esquisses préparatoires retrouvées dans les greniers d’un musée, ou même d’une manière tout à fait fortuite, comme lorsque, lisant un livre, on tombe sur des phrases que l’on a déjà lues ailleurs : et peut-être alors se rendrait-on compte de ce qu’il y avait toujours eu d’un peu particulier dans ce petit personnage, pas seulement un soin plus grand apporté aux détails du visage, mais une plus grande neutralité, ou une certaine manière de pencher imperceptiblement la tête, quelque chose qui ressemblerait à de la compréhension, à une certaine douceur, à une joie peut-être teintée de nostalgie.

 

Il serait lui-même dans son tableau, dans sa chambre, presque tout en haut à droite, comme une petite araignée attentive tissant sa toile scintillante, debout, à côté de son tableau, sa palette à la main, avec sa longue blouse grise toute tachée de peinture et son écharpe violette.

 

Il serait debout à côté de son tableau presque achevé, et il serait précisément en train de se peindre lui-même, esquissant du bout de son pinceau la silhouette minuscule d’un peintre en longue blouse grise avec une écharpe violette, sa palette à la main, en train de peindre la figurine infime d’un peintre en train de peindre, encore une fois une de ces images en abyme qu’il aurait voulu continuer à l’infini comme si le pouvoir de ses yeux et de sa main ne connaissait plus de limites.

 

Il se peindrait en train de se peindre et autour de lui, sur la grande toile carrée, tout serait déjà en place : la cage de l’ascenseur, les escaliers, les paliers, les paillassons, les chambres et les salons, les cuisines, les salles de bains, la loge de la concierge, le hall d’entrée avec sa romancière américaine interrogeant la liste des locataires, la boutique de Madame Marcia, les caves, la chaufferie, la machinerie de l’ascenseur. 

 

Vient alors l’évocation d’objets présents dans l’immeuble et que l’on retrouverait reproduits dans le tableau. Merveilleuse nomenclature à la Perec :

 

Il se peindrait en train de se peindre, et déjà l’on verrait les louches et les couteaux, les écumoires, les boutons de porte, les livres, les journaux, les carpettes, les carafes, les chenets, les porte-parapluies, les dessous-de-plat, les postes de radio les lampes de chevet, les téléphones, les miroirs, les brosses à dents, les séchoirs à linge, les cartes à jouer, les mégots dans les cendriers, les photographies de famille dans les cadres antiparasites, les fleurs dans les vases, les tablettes de radiateurs, les presse-purée, les patins, les trousseaux de clés dans les vide-poches, les sorbetières, les caisses à chat, les casiers d’eaux minérales, les berceaux, les bouilloires, les réveille-matin, les lampes Pigeon, les pinces universelles. Et les deux cache-pot cylindriques en raphia tressé du Docteur Dinteville, les quatre calendriers de Cinoc, le paysage tonkinois des Berger, le bahut sculpté de Gaspard Winckler, le lutrin de Madame Moreau, les babouches tunisiennes rapportées à Mademoiselle Crespi par Béatrice Breidel, la table rognon du gérant, les automates de Madame Marcia et le plan de Namur de son fils David, les feuilles couvertes d’équations d’Anne Breidel, la boîte à épices de la cuisinière de Madame Moreau, l’Amiral Nelson de Dinteville, les chaises chinoises des Altamont et leur tapisserie précieuse montrant les vieillards amoureux, le briquet de Nieto, le mackintosh de Jane Sutton, le coffre de bateau de Smautf, le papier étoilé des Plassaert, la coquille de nacre de Geneviève Foulerot, le couvre-lit imprimé de Cinoc avec ses grands feuillages triangulaires et le lit des Réol en cuir synthétique — façon daim finition grand sellier avec ceinture et boucle chromée —, le théorbe de Gratiolet, les curieuses boîtes à café de la salle à manger de Bartlebooth et la lumière sans ombre de son scialytique, le tapis exotique des Louvet et celui des Marquiseaux, le courrier sur la table de la loge, le grand lustre en cristal d’Olivia Rorschash, les objets soigneusement empaquetés de Madame Albin, l’antique lion de pierre trouvé par Hutting à Thuburbo Majus…

 

Puis, c’est l’énumération des personnages rencontrés dans le roman, énumération qui renvoie à un moment précis de l’histoire de ces personnages (parfois juste un détail), telle que racontée par le romancier tout au long de La vie mode d’emploi :

 

…et tout autour, la longue cohorte de ses personnages, avec leur histoire, leur passé, leurs légendes :

 

1 Pélage vainqueur d’Alkhamah se faisant couronner à Covadonga

2 La cantatrice exilée de Russie suivant Schönberg à Amsterdam

3 Le petit chat sourd aux yeux vairons vivant au dernier étage

4 Le crétin chef d’îlot faisant préparer des tonneaux de sable

5 La femme avare écrivant ses moindres dépenses dans un cahier

6 Le faiseur de puzzles s’acharnant dans ses parties de jacquet

7 La concierge prenant soin des plantes des locataires absents

8 Les parents prénommant leur fils Gilbert en hommage à Bécaud

9 L’épouse du Comte libéré par l’Ottomane acceptant la bigamie

10 La femme d’affaires regrettant de ne plus être à la campagne

 

11 Le petit garçon descendant la poubelle en rêvant à son roman

12 Le neveu gandin accompagnant la globe-trotteuse australienne

13 La tribu évitiste échappant sans arrêt au doux anthropologue

14 La cuisinière refusant de se servir d’un four auto-nettoyant

15 Le PDG de l’hôtellerie internationale sacrifiant 1 % à l’art

16 L’infirmière regardant avec nonchalance un magazine illustré

17 Le poète allant en pèlerinage faisant naufrage à Arkhangelsk

18 Le violon italien faisant perdre patience à son miniaturiste

19 Le couple gras et mangeur de saucisses n’arrêtant pas la TSF

20 Le colonel manchot après l’attaque du Grand Quartier Général

 

21 Les tristes rêveries de la jeune fille au chevet de son père

22 Les clients autrichiens négociant un Bain turc plus vaporeux

23 L’homme de peine du Paraguay s’apprêtant à brûler une lettre

24 Le jeune milliardaire étudiant l’aquarelle en knickerbockers

25 L’inspecteur des Eaux & Forêts fondant une réserve d’oiseaux

26 La veuve emballant ses souvenirs dans de vieux hebdomadaires

27 Le cambrioleur international passant pour un grand magistrat

28 Robinson Crusoé vivant bien à l’aise dans son îlot solitaire

29 Le hamster joueur de dominos amateur de croûtes d’Édam étuvé

30 Le douloureux tueur de mots traînant auprès des bouquinistes

 

31 L’enquêteur vêtu de noir vendant une nouvelle clé des songes

32 Le marchand d’huile ouvrant à Paris un restaurant à poissons

33 Le vieux maréchal tué par la chute d’un beau lustre vénitien

34 Le stayer défiguré se mariant avec la sœur de son pacemaker

35 La cuisinière n’ayant à faire qu’un œuf et du haddock poché

36 Le jeune couple s’endettant deux ans durant pour un lit luxe

37 La femme du marchand d’art délaissée pour une star italienne

38 L’amie d’enfance relisant les biographies de ses cinq nièces

39 Le Monsieur mettant dans des bouteilles des figures en liège

40 L’archéologue cherchant les traces des rois arabes d’Espagne

 

41 L’ancien clown de Varsovie menant une petite vie dans l’Oise

42 La belle-mère coupant l’eau chaude si son gendre va se raser

43 Le Hollandais disant que tout nombre est somme de K premiers

44 Scipion définissant par du vieux avec du neuf un nonagénaire

45 L’atomiste lisant aux lèvres de l’homme-tronc sourd et muet

46 Le brigand albanais chantant son amour à la star d’Hollywood

47 L’industriel allemand voulant cuisiner son gigot de sanglier

48 Le fils de la dame au chien préférant le porno à la prêtrise

49 Le barman malais échangeant en pidgin-english sa déesse-mère

50 Le petit garçon privé de gâteau le voyant apparaître en rêve

 

51 Les sept acteurs refusant le rôle après avoir lu le scénario

52 L’Américain déserteur laissant mourir sa patrouille en Corée

53 Le guitariste changeant de sexe puis devenant une super-star

54 Le maharadjah offrant une chasse au tigre à un Européen roux

55 Le grand-père libéral trouvant son inspiration dans un roman

56 Le calligraphe recopiant dans la Médina une sourate du Coran

57 Orfanik demandant l’air d’Angelica dans l’Orlando d’Arconati

58 L’acteur ourdissant sa mort avec l’aide de son frère de lait

59 La jeune Japonaise tenant à bout de bras la torche olympique

60 Aetius arrêtant les hordes d’Attila aux Champs Catalauniques


            61 Le sultan Selim III atteignant huit cent quatre-vingt-huit m

62 Le sergent-chef trépassant d’une absorption massive de gomme

63 Le second du Fox découvrant le dernier message de Fitz-James

64 Le jeune étudiant qui resta pendant six mois dans sa chambre

65 La femme du producteur partant pour un nouveau tour du monde

66 Le monteur en chauffage central réglant l’allumage au mazout

67 Le riche amateur léguant à la bibliothèque son argus musical

68 Le petit garçon classant ses collections de buvards médicaux

69 Le cuisinier comédien embauché par une très riche Américaine

70 L’ancienne joueuse de tripot devenue une petite femme timide

 

71 Le préparateur frustré perdant trois doigts à la main gauche

72 La jeune fille vivant avec un maçon belge à Chaumont-Porcien

73 L’ancêtre du docteur croyant avoir percé l’énigme du diamant

74 La jeune femme faisant conclure un pacte avec Méphistophélès

75 Le fils de l’antiquaire pétaradant dans sa combinaison rouge

76 Le fondé de pouvoir jetant le secret des chimistes allemands

77 L’ancien professeur d’histoire brûlant son manuscrit renvoyé

78 Le vieil industriel japonais magnat de la montre sous-marine

79 Le diplomate criant vengeance pour sa femme et pour son fils

80 La dame ne partant que le lendemain redemandant ses haricots

 

81 La vedette méditant sur une recette de mousseline de fraises

82 La vieille lady faisant collection de montres et d’automates

83 Le magicien devinant tout avec des nombres choisis au hasard

84 Le boyard offrant à la Grisi un charmant vis-à-vis en acajou

85 Le chauffeur ne conduisant plus s’amusant avec des réussites

86 Le médecin rêvant de donner son nom à une recette de cuisine

87 L’ingénieur se ruinant dans le commerce des peaux africaines

88 Le Japonais initiant douloureusement les Trois Hommes Libres

89 Le vieil autodidacte remâchant mille souvenirs de sanatorium

90 L’arrière-petit-cousin devant mettre l’héritage aux enchères

 

91 Les douaniers déballant le samovar de la Princesse en colère

92 Le marchand d’indienneries aménageant au 8e son pied-à-terre

93 Le compositeur offrant à Hambourg l’Ouverture à la Française

94 Marguerite regardant au compte-fils la miniature à restaurer

95 Chéri-Bibi donnant son nom au chat roux du faiseur de puzzle

96 Le garçon du night-club montant sur scène présenter la revue

97 Le cadre donnant une somptueuse réception pour ses collègues

98 La femme de l’agence immobilière visitant l’appartement vide

99 La dame faisant des emboîtages pour les puzzles de l’Anglais

100 La petite fille qui mord dans un coin de son petit-beurre Lu

 

101 Le préteur faisant mourir en un seul jour 30 000 Lusitaniens

102 La jeune fille en manteau zyeutant un plan du métro parisien

103 Le gérant de l’immeuble songeant à arrondir ses fins de mois

104 La petite parfumeuse choisissant les bagues du vieil artisan

105 L’éditeur de Damas ruiné par les Nationalistes anti-Français

106 Le critique commettant un crime pour une marine de l’Anglais

107 La vieille domestique rêvant de croque-mort à l’œil haineux

108 Le savant comparant les effets de la strychnine et du curare

109 L’étudiant mettant du viandox dans le potage des végétariens

110 Le troisième ouvrier lisant sa lettre en sortant du chantier

 

111 Le vieux maître d’hôtel recalculant sans fin une factorielle

112 L’abbé ému venant à l’aide d’un Français perdu dans New York

113 Le pharmacien enrichi retrouvant la trace du Très Saint Vase

114 Le chimiste s’inspirant de la technique d’un fondeur italien

115 L’homme en pardessus noir en train d’enfiler des gants neufs

116 Guyomard séparant dans l’épaisseur un dessin de Hans Bellmer

117 L’ami de Liszt & de Chopin composant une valse étourdissante

118 Dom Pérignon faisant goûter à Colbert son meilleur Champagne

119 Amerigo mourant apprenant qu’on donne son nom à un continent

120 Monsieur Riri somnolant après déjeuner derrière son comptoir

 

Georges Perec, La vie mode d’emploi, Hachette littérature

 

Partager cet article

Repost 0
Published by paulemond.over-blog.com - dans Mes auteurs de chevet
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Paul Emond
  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
  • Contact

Recherche

Archives