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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 21:41

 

 (Aujourd’hui dimanche, autocitation)

 

Moi, Mordicus, ce jour-là, j’ai commencé par perdre une dent.

Une dent de devant.

Un beau matin, en me levant.

Machinalement j’ai poussé la dent avec ma langue et ma dent est tombée.

Ma femme m’a regardé :

Mordicus, avec ta dent en moins, tu es vraiment trop laid, je te quitte.

Elle a pris ses cliques et ses claques et a disparu.

Même pas une heure après, le téléphone a sonné, c’était l’avocat de ma femme.

Monsieur Mordicus, à l’exception de votre brosse à dents, tout ce qui se trouve chez vous appartient désormais à votre femme, puisqu’il est évident, monsieur Mordicus, qu’avec votre dent en moins elle obtiendra le divorce à vos dépens. Sans perdre de temps et en toute légitimité votre femme vient donc de vendre la maison, aussi un camion de déménagement emportera-t-il tous les biens qui s’y trouvent et qui désormais lui appartiennent.

Je n’ai pas eu le temps de raccrocher que déjà le camion s’arrêtait devant la maison.

Trois malabars sont entrés d’un air menaçant et en gonflant les pectoraux.

– T’as intérêt à filer, avant qu’on ne te réduise en miettes, bonhomme avec une dent en moins.

Alors, moi, Mordicus, je suis parti sans demander mon reste et j’ai marché sur la longue route.

Au bout de la longue route, j’ai rencontré un vagabond, lequel vagabond s’est adressé au vagabond que j’étais devenu.

– Viens, mon camarade, il m’a dit, t’es vraiment trop laid avec ta dent en moins mais je veux te consoler, j’ai là une fameuse bouteille, on va la vider tous les deux.

On s’est assis dans un fossé, on a vidé tous les deux la fameuse bouteille.

La gnôle était si forte qu’il n’a pas fallu longtemps pour qu’elle m’endorme.

Quand je me suis réveillé, mon camarade n’était plus là.

Il avait pris l’argent qui me restait, et ma veste, et ma ceinture, et mes groles, et même ma chemise.

C’est alors que je me suis rendu compte combien il faisait froid, pour tout dire il gelait à pierre fendre.

La nuit était tombée.

Tout là-haut, la lune brillait et plein d’étoiles l’entouraient.

Tous ces astres formaient un somptueux tableau.

Alors, moi, Mordicus, j’ai contemplé sans fin ce somptueux tableau et j’ai éprouvé une joie céleste.

           

Paul Emond, Les aventures de Mordicus. Histoires plaisantes et à dormir debout  

Inédit.

 

 

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Published by paulemond.over-blog.com - dans Les aventures de Mordicus
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commentaires

nicolas marchal 18/08/2013 22:02

Génial ! Vivement la suite !

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  • : Le blog de Paul Emond
  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
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