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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 10:14

J’ai beaucoup d’attirance pour  un certain nombre d’écrivains qui appartiennent à deux familles en somme très opposées. Selon mon humeur ou ma disposition d’esprit, je vais vers les uns ou vers les autres.

 

Il y a les « démystificateurs », ceux qui enlèvent du réel les oripeaux et fausses apparences dont on ne cesse de le recouvrir, dont toute la démarche d’écriture aboutit d’une façon ou d’une autre à nous montrer ce réel tel quel. Sans doute sont-ils en ce sens et chacun à sa manière des héritiers des merveilleux écrivains des lumières, Diderot et Voltaire en tête. Je cite en vrac, parmi les premiers qui me viennent à l’esprit et que j’aime particulièrement : Tchékhov, Céline, Simenon, Brecht, Canetti (de là où il se trouve, celui-là doit m’en voudra de l’associer à Brecht, mais tant pis !), Frisch, Bernhard, Handke (de là il où il se trouve, Bernhard m’en voudra de l’associer à Handke, mais tant pis !), Sollers… 

 

Il y a les « mythificateurs » (je m’autorise le néologisme), ceux qui ne cessent de recouvrir le réel d’une aura aussi invisible que magique, qui en recherchent à l’infini les résonnances légendaires ou oniriques du monde. Sans doute sont-ils, chacun à sa manière, des héritiers des merveilleux romantiques allemands, Hölderlin (oui, bon, je sais, Hölderlin est un peu antérieur aux romantiques) et Novalis en tête. Je cite en vrac parmi les premiers qui me viennent à l’esprit et que j’aime particulièrement : Poe, Maeterlinck, Hofmannsthal, Perutz, Borges, Cortazar, Murakami (pour certains romans), mon cher Paul Willems…  

 

Cette répartition est, j’en conviens, sans doute un peu hasardeuse. Mais elle me plaît assez.

 

Ah oui ! Et si Kafka était le seul qui parvienne vraiment à faire « le grand écart », un pied d’un côté, un pied de l’autre ? Kundera, dans Les testaments trahis : « Je me rappelle une conversation, il y a vingt ans déjà, avec Gabriel Garcia Marquez qui m’a dit : ‘C’est Kafka qui m’a fait comprendre qu’on peut écrire autrement.’ Autrement, cela voulait dire : en franchissant la frontière du vraisemblable. Non pas pour s’évader du monde réel (à la manière des romantiques) mais pour mieux le saisir. »

 

 

 

 

 

 

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Published by paulemond.over-blog.com - dans Raconter
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  • : Romancier et auteur dramatique, Paul Emond est aussi, depuis de longues années, un lecteur enthousiaste. Il vous raconte ici régulièrement tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature et vous fait part de ses passions, de ses réflexions et de ses découvertes…
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